La vie sauve

Publié le par cathycat

"La vie sauve" c'est le titre d'un livre que m'a gentiment prêté une collègue infirmière de l'hôpital, dont la mission est d'accompagner les malades qui le souhaitent dans leur maladie, leurs questionnements, leur approche des soins...

 

Elle avait été touchée par ce récit écrit à quatre mains par deux journalistes, Lydie Violet et Marie Desplechin, dont l'une est l'acteur principal de ce témoignage. En effet, Lydie Violet a vu sa vie basculer d'un coup lorsqu'un jour elle a fait une crise d'épilepsie qui l'a conduite d'examens en examens à la sentence infernale : tumeur au cerveau incurable.

 

Alors là, STOP ! direz-vous, si comme moi vous n'aimez pas les récits de souffrances de toutes sortes racontées avec force détails et larmoiements comme on en rencontre malheureusement parfois dans certains bouquins.

 

Ici, pas de sensiblerie mais un apprentissage du "faire avec", de ce qu'est la vraie vie avec un début... et une fin. Des réflexions, du sourire, de la lucidité et une découverte du monde comme on ne l'a jamais vu tant que l'on n'est pas confronté à la maladie... le regard des autres, leur fuite, leur lâcheté, leur générosité, leur incompréhension. Tout cela permet d'appréhender tous les petits moments de pur bonheur que l'auteur apprivoise et cultive.

 

Elle fait également des rencontres étonnantes :

- le neurologue de Bellan qui "n'offre pas seulement une plastique réconfortante, il fait partie aussi des gens auxquels on peut parler. C'est un homme qui pense que vous avez une vie, pas seulement une maladie. Qui considère la médecine comme un métier, pas comme une amputation de l'affect. Dans un proche avenir, des hommes comme lui, je n'en rencontrerai pas beaucoup",

- la standardiste de l'hôpital qui accepte de filtrer ses appels.

- Aimé, un homme qui a décidé de traquer l'ennemi que représente la maladie et qui s'engage dans la guérilla administrative (il y a de quoi faire !!!!)

- la secrétaire qui assène "vous n'avez pas besoin ce ce rendez-vous puisque vous êtes incurable" (alors là faisant le même métier, je me demande bien comment on peut sortir une énormité pareille ! mais bon, elle l'a vécu la pauvre !...) ou l'infirmière libérale qui trouve qu'elle habite trop loin, trop haut... sans ascenseur...

- et beaucoup d'autres vrais amis, frère et soeur, rencontres de hasard, mauvaises pioches aussi, comme elle dit...

 

Au fil des chapitres, courts, j'ai eu l'impression de prendre à chaque page des leçons de vie, tout en me régalant de son ton irrévérencieux que j'adore, comme par exemple...

 

"Il m'arrive, il nous est arrivé, il vous arrivera de penser que les choses n'ont pas été goupillées comme elles auraient dû l'être. Que celui qui a vissé les hélices a merdé dans ses calculs. Que si le boulanger faisait son boulot comme Mère Nature bricole ses ADN on lui jetterai son pain à la figure..."

 

J'avais envie de parler ce ce livre car il est très vrai, très digne, plein d'humour malgré tout, et j'aimerais qu'il soit glissé dans le serment d'Hippocrate et que certains médecins le lise attentivement, car je trouve que beaucoup d'entre eux ont beaucoup de progrès à faire dans leur relation avec les malades. Ils oublient que nul n'est à l'abris de ce genre de croche-pied meurtrier...

 

"La vie sauve"

Lydie Violet - Marie Desplechin

Prix Médicis essai 2005

Editions du Seuil

et aussi en poche (collection Points)

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Françoise 05/07/2011 20:27


Je lis toujours beaucoup et de tout ; sans aucun doute ce livre devrait me plaire.
J'ai eu des relations suivies avec des médecins de l'hôpital il y a bientôt 4 ans et je n'en garde pas un excellent souvenir. J'ai été guérie mais j'ai dû me battre pour m'en sortir. Pas facile
d'encaisser certaines annonces un peu violentes !


cathycat 05/07/2011 21:06



Je suis tout-à-fait d'accord avec toi. Les médecins ne s'attardent pas suffisamment sur cette violence. Ils se protègent derrière leur compétences, leurs cas cliniques alors que l'échange est
essentiel. Heureusement de nouveaux dispositifs se mettent en place, en particulier en cancérologie, pour l'accompagnement des patients et même si cela ne résoud pas tout, cela profite à de
nombreuses personnes et les aide à passer le cap de l'annonce. Et ainsi, on se bat mieux quand on connaît l'ennemi n'est-ce pas ? Bonne soirée. Bisous



lecroum 18/06/2011 10:33


un peu à une époque , mais désormais je ne lis quasiment plus...c'est bien dommage surement mais bon...je crois qu'on est tous tres occupé , et puis c'est une question d'envie aussi bien sur...à
l'avenir qui sait ? ça reviendra peut etre :-) bon samedi Cathy et à bientot !


cathycat 18/06/2011 20:11



Tu as raison, lire doit être un plaisir pur car rien n'est plus pénible que se forcer à le faire. Et puis il y a tellement de choses agréables à faire... tes photos en sont bien la preuve !...
Bon week-end.



Marielle en dilettante 12/06/2011 09:00


J'ai lu un article sur ce livre et déjà beaucoup aimé l'idée générale du livre. Comme toi je suis sidérée par le manque de psychologie de certains médecins ou personnel médical. La maladie vous
rend faible et les mots en plus des maux vous atteignent de plein fouet. Notre société évolue à la vitesse grand V en matière de technologie mais elle n'a pas compris que l'humain doit rester au
coeur de toute relation. C'est difficile dans le cadre médical mais on voit les dégâts dans le milieu scolaire...
bon j'arrête, on ne va pas refaire le monde un dimanche !
Mais une petite dernière, il existe des docteurs formidables, des infirmières douces et droles, des secrétaires médicales attentives, des kinés qui vous donnent de l'énergie et des chirurgiens de
l'espoir...
Un beau et bon dimanche et des bises


cathycat 12/06/2011 20:34



Je suis tout à fait d'accord avec ton analyse Marielle, car le milieu hospitalier n'est pas le seul à souffrir de ce genre d'incohérence. La société rend les humains de plus en plus inhumains. Il
suffit de pas grand chose pourtant : s'intéresser à autre chose que son propre nombril, avoir un tout petit peu d'empathie, aider, comprendre, fixer ses limites et orienter vers ceux qui peuvent,
ceux qui savent et qui s'ils s'intéressent à autre chose que leur propre nombril et ont un tout petit peu d'empathie, pourront aider, comprendre, orienter... Bisous.



Bruno 12/06/2011 08:50


Un bon conseil de lecture. Je me laisserais peut être tenter après le Charly 9 de teulé


cathycat 12/06/2011 20:29



J'ai jeté un petit coup d'oeil sur ce livre... Je me demande comment Jean Teulé a décrit cette période horrible. J'ai beaucoup de mal avec les massacres... Par contre du même auteur, j'ai lu "le
magasin des suicides" que j'ai trouvé très amusant. Bonne lecture en tout cas.



Mamychachat 12/06/2011 08:45


Je note ce livre tu penses. Tu en as très bien parlé et j'apprécie ces récits sur la "vraie vie", qui nous apprennent beaucoup sur la vie et les autres. En plus, s'il est écrit avec humour ... :)
Avec ton métier tu devrais en écrire un, tu dois avoir beaucoup de choses à nous apprendre ... bonnes et moins bonnes !
Merci beaucoup,
Bon dimanche et gros gros bisous


cathycat 12/06/2011 20:22



Et je me retrouverais au ban de la société comme la petite nana qui a fait le livre sur le Conseil Général !!!... Non... mais sans écrire un livre, il y a de temps en temps des petites anecdotes
qui font sourire et qui se racontent... oralement !!! . Bonne soirée Annick gros bisous.